L’alliage de l’Or

Définition : Un alliage est la combinaison d’un élément métallique avec un ou plusieurs métaux par fusion.

Jusque-là, rien de nouveau car tout ou presque peut se trouver sur internet à ce sujet.

Alors pourquoi lire ce post ?

Je vous invite à poursuivre votre lecture car je ne suis pas seulement bijoutier, joaillier mais aussi fondeur. Biensûr, je vais parler de l’aspect général de l’alliage mais aussi, et surtout, de ma propre façon de voir l’alliage et de ce que j’ai pu réellement faire avec.

Peut-être que vous ne le saviez pas mais, dans la majorité des bijoux, le métal utilisé est de l’alliage. Cela veut dire que votre bijou n’est pas en Or pur ! Dans le meilleur des cas, les bijoux sont en 75 millièmes ou 18 ct (carat), ce qui veut dire qu’il y a 75% d’or dans le métal. Les autres alliages (14 ct ou 9 ct pour l’or) sont simplement plus faibles en pourcentage d’or et donc moins chers.

Personnellement et comme pour beaucoup de bijoutiers, j’ai déjà fabriqué un alliage de façon artisanale. Les alliages d’or sont très réglementés ! C’est comme si on demandait à un pâtissier de faire un fondant au chocolat (mmhh que j’aime les fondants), le pâtissier va simplement suivre la recette de base qui est la même pour tout le monde. Les alliages ont une recette identique mais sont en plus réglementés. Imaginez des douaniers venir contrôler notre fondant au chocolat pour savoir s’il y a assez de chocolat dedans… C’est ce qui se passe pour l’or.

Pour faire un alliage d’or (recette dans le tableau ci-dessous), il suffit d’avoir le matériel adapté et les bon métaux.

18K signifie 18carat

Et pour obtenir notre alliage, il suffit de faire chauffer, de fusionner, puis de couler en lingot, en grenaille ou en plaquette pour avoir notre alliage.

Entre nous, faire fondre du métal, je trouve ça vraiment très beau.

Dans le cadre de mon travail de fondeur, je ne fais pas l’alliage par moi-même, je l’achète directement à une société qui le fabrique. Pour des raisons toutes simples : un gain de temps et, surtout, une assurance du point de vue de la légalité car l’or que je reçois en grenaille est sûr d’être au titre.

C’est fascinant de toucher de la grenaille, de plonger sa main dans ces petites billes. Imaginez un sac de riz sec mais avec des grains plus lourds, qui font un bruit métallique quand ils s’entrechoquent et qui glissent sur vos doigts, comme insaisissables. Il faut aussi se rendre compte que si vous pouvez mettre votre main dans de la grenaille d’or, c’est qu’il y a au moins 500 grammes d’or. Le gramme vaut à peu près 40 euros, je vous laisse donc faire le calcul de la valeur du sachet !

Là où je travaillais en tant que fondeur, je commandais en début de mois entre 2 et 3 kg d’or (gris, jaune et rose) pour pouvoir faire la production. Quand l’or arrivait, je devais comptabiliser et peser pour commencer ce que j’appelle le « suivi de l’or » (un tableau Excel avec les étapes, les valeurs, les poids… et également un livre de comptes pour la douane). Il est très important de commencer par cette étape pour que, au fur et à mesure du procédé de fabrication, on puisse avoir le suivi et surtout voir où sont les pertes. Le suivi est très précis : au dixième de gramme.

Comme dans toute entreprise, l’optimisation est une clé importante pour augmenter les marges et perdre le moins possible d’or.

Petit témoignage : Je vous ai parlé de la grenaille un peu plus haut. Des petites billes de métal insaisissables. Dans les étapes pour la fonte, il y a trois manipulations de cette grenaille :

  1. Quand elle arrive,

2. Quand on doit en sortir des sachets pour la fonte,

3. Quand on doit l’introduire dans la machine pour fondre.

Dans ces trois étapes, il m’est déjà arrivé de faire tomber des billes suite à un mauvais geste ou un sursaut… Pour que vous puissiez imaginer, je vais essayer de vous décrire une petite anecdote.

Dans le deuxième cas : Imaginez que vous êtes dans un atelier où il y a des étagères, des collègues qui passent, de l’outillage plus ou moins rangé. Vous êtes en train de sortir vos billes, debout, accoudé contre le buffet où est placée la balance pour faire vos pesées, et qu’à ce moment-là, vous en faites tomber 5 ou 6 à côté… Pas le temps de voir où elles sont parties, vous entendez 2, 3 rebonds puis plus rien… À ce moment-là, votre coeur bat plus fort, la chaleur dans votre corps augmente et vous regardez si l’un de vos collègues vous a vu. Non pas que vous ayez honte mais juste pour vous aider à trouver où sont tombées les billes ! Derrière ou dessous le buffet, dans mes poches, ou en-dessous de mes chaussures, de l’autre côté de l’atelier ou bien à d’autres endroits…

Alala, je peux vous dire que cette situation m’est arrivée plus d’une fois ! Mais à chaque fois j’ai tout retrouvé ! Seul ou avec l’aide de mes collègues.

Si vous voulez plus d’informations ou plus de témoignages sur ce thème, n’hésitez pas à m’écrire ou à laisser un commentaire.

Rémi votre bijoutier.

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